La vie de Marine a basculé le matin du 4 octobre dernier. Il est 7 h 30, lorsque que son petit ami, Fabien, est happé par une voiture alors qu'il circule à moto en direction de Méry-sur-Seine. Il vit chez ses parents à Champfleury, et ce matin là, comme tous les précédents, il rejoint le magasin Ecomarché pour débuter sa journée de travail. Le jour vient à peine de se lever mais le soleil tarde à faire son apparition. C'est un épais brouillard qui, s'est doucement mais sûrement, posé sur la plaine.
La vie de Fabien s'est arrêtée là, violemment sur une petite route de campagne habituellement bien tranquille. Le jeune homme est tué sur le coup. Son corps est retrouvé, inerte, sans vie, sur le bas côté de la chaussée.
Pour sa famille, c'est le drame. Une souffrance incommensurable et une peine difficilement contenue. Pour sa petite amie, c'est une tragédie. Un coup de couteau planté en plein c½ur. Marine et Fabien s'aimaient comme peuvent s'aimer deux adolescents qui s'étaient promis de vivre ensemble. <Les fiançailles devaient avoir lieu en 2009, l'année des 20 ans pour Fabien> raconte les yeux embués par la tristesse, la mère de Marine.
La jeune fille, lycéenne à Joliot-Curie, prostrée, a du mal à parler. La douleur est là, vivace. Récalcitrante malgré tout l'amour que lui porte ses proches, ses amis et les parents de Fabien ; La blessure est profonde et la plaie loin d'être cicatrisée.
<C'est par le collège que nous nous sommes connus et côtoyés chaque jour que l'école peut faire, se souvient Marine. Le 5 avril 2003, l'année de notre classe de cinquième, c'est une étincelle qui allume une petite flamme entre nous deux. Fabien a l'énergie de venir vélo de Champfleury à Châtres pour me rejoindre. Et puis, c'est la mobylette qui prend le relais. Il vient de plus en plus souvent. Au collège, notre relation n'est pas très bien vue, mais des enseignants comprennent et ferment les yeux. La pionne, Lydia, nous appellent affectueusement Roméo et Juliette. Nous nous étions même lancés un pari. Passer un week end à Paris quand Fabien aurait son permis de conduire>
Marine sanglote. Depuis la disparition de son ami, elle semble avoir perdu confiance en la vie. L'émotion est encore trop forte. Les souvenirs sont encore intacts.
< Que de bons moments passés ensemble, se souvient elle. Devant l'église ou bien encore chez moi dans la cabane avec tous nos copains. Tous gardent en mémoire ses délires, mais aussi ses qualités qui faisaient de lui quelqu'un de bien : sa discrétion, sa délicatesse, sa gentillesse, son esprit taquin, sa passion pour son activité professionnelle. Des valeurs que j'appréciais et que je porte, encore aujourd'hui, au plus profond mon c½ur>
Marine ne veut rien oublier. Ne rien perdre de ces instants inscrits à jamais dans sa mémoire. Ils étaient faits l'un pour l'autre. <Fabien avait tout pour être heureux. Il avait réussi son CAP, il avait trouvé un emploi et devait passer son permis de conduire. Nous avions des projets pleins la tête, raconte t-elle encore. Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi, ce matin là, il a été percuté par une voiture qui circulait en sens inverse et qui était en train de dépasser un véhicule. Il y avait du brouillard et dans ces conditions là, la vitesse est limitée à 50 k/heure. Fabien nous a quittés à jamais. Le conducteur de la voiture, lui, roule toujours. Il y a quelque chose qui m'échappe. Je voudrai que l'on m'explique.>
Blessée à jamais par la perte de son amour, Marine ne veut pas baisser les bras. <Fabien, je peux te promettre que je vais me battre et que notre flamme est trop belle et trop précieuse pour être ainsi abandonnée. Je la garderai dans mon c½ur pour toujours. sanglote t-elle. Je t'en prie, de là où tu es, aide-moi, donne moi la force d'affronter cette épreuve. Fais-moi un signe. Je t'aime Fabien.>